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D'où provient le portrait de

saint Jean Eudes ?

   

|Le portrait de Saint Jean Eudes | Qui est Jean Le Blond ? |


Le P. du Chesnay pensait que vraisemblablement il avait appartenu sous l'Ancien Régime au monastère de N.D. de Charité fondé à Tours en 1714 et dit "La Riche". Mais il n'est pas impossible qu'il ait appartenu à François BLOUET de CAMILLY, mort archevêque de Tours en 1723. "Vous savez,écrit-il le 17 février 1960 à M. d'Ymouville, que ce BLOUET de CAMILLY était le petit-fils de la dirigée et bienfaitrice du P. Eudes, qui aurait bien pu faire faire à ses frais le portrait de son bon Père (la date de 1673 s'accorde sans difficultés avec les activités du P. Eudes), qui avait prêché à la Cour, à St-Germain-en-Laye, durant la quinzaine de Pâques, et qui séjourna à Paris à partir de la mi-avril au début de Juin".

Mais François Blouet de Camilly ne fut élu par le Pape archevêque de Tours que le 20 juin 1723, et il mourut à Ligueil (Indre-et-Loire), le 17 octobre 1723, à 59 ans ; c'est à dire qu'il resta peu de temps à Tours. Eut-il le temps de songer à léguer le portrait du P. Eudes à N.D. de Charité ?

Le tableau provient-t-il de N.D. de Charité de Tours ? En novembre-décembre 1962, des recherches ont été faites aux Archives départementales d'Indre-et-Loire, au sujet de la vente d'objets du couvent de "La Riche" en 1792 : pas question du tableau.

De décembre 1962 à avril 1963, des réponses au P. du Chesnay ont révélé qu'il était
impossible de savoir où se trouvaient les Annales du Refuge de Tours.

Une piste ? Marie de Saint-Louis de Bernières de Gravus, descendante d'Anne Blouet de Camilly, vient de Caen à Tours comme maîtresse des novices en 1754-1757. Les noms des supérieures du monastère n'évoquent pas non plus de rapports de parenté avec les Blouet de Camilly.

Pourtant, Pierre COSTIL, dans les Annales de la C.J.M., XIII/9, (Ms 28, p. 329-331)
évoque un tableau du Père Eudes ; mais est-ce celui de Le Blond ? "Le second miracle que je vas rapporter (...) arriva le 20 décembre de l'an 1718 en faveur d'une jeune novice convertie du monastère de l'ordre de Notre-Dame-de-Charité de Tours, nommée Sœur Marie de l'incarnation BERTHET, âgée de 20 ans, dont la Mère de St-Gabriel décrit le détail dans la lettre qu'elle évrivit à la Mère de Camilly, supérieure du monanstère de Caen, en lui adressant l'attestation de M. Durant, qui prend le titre de médecin du Roy, et dont l'original se trouve dans les archives du séminaire de Caen".

Costil cite la lettre de la Mère de St-Gabriel écrite le 10 février 1722 (p. 329) : "La
religieuse guérit raconta : "Hier à l'oraison, je m'adressais à notre bon Père dont le portrait est aux pieds de la Ste Vierge au chœur". "Les parens (sic) qui étaient venus à l'heure assignée pour la faire sortir n'en furent pas moins étonnés et consolés de la voir dans une santé parfaite, et donnèrent par reconnaissance un beau cadre doré pour orner le portrait de notre bon Père". Telle est la déposition de la Mère St-Gabriel.

Autre merveille en faveur d'une fille pénitente dans le même monastère. A la tribune des
pénitentes, le 26 décembre 1723, fut chanté un Te Deum "en présence du tableau du saint homme qu'on y porta à cette même fin".

Voilà l'état de la question, tel que les recherches du Père du Chesnay, les mentions du
ableau de Tours dans les Annales de Costil, les recoupements biographiques permettent de l'établir à ce jour. Les Annales du Refuge de Tours détiennent peut-être la solution.

Joseph RACAPÉ, eudiste. Mars 1998